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COMMENT REPÉRER UNE COLONIE SAUVAGE ?

By on 5 juillet 2017

Repérer une colonie sauvage nécessite patience et observation.

La chasse aux colonies sauvages d’abeilles remonte à la préhistoire, quand nos lointains ancêtres les pillaient pour en savourer le miel sucré et probablement aussi le couvain riche en protéines. Les techniques ont perduré tout au long des siècles, pour piller les nids ou pour enrucher les colonies. Aujourd’hui peu d’apiculteurs pratiquent cette activité. Ils se contentent de récupérer les colonies qu’on leur signale sans les chercher activement.

Si vous souhaitez accueillir un essaim sauvage chez vous, la première étape consiste à repérer une colonie sauvage d’où sortira l’essaim que vous essayerez de capter. Vous bénéficierez ainsi d’une souche ayant subi avec succès les rigueurs de la sélection naturelle. Selon une étude américaine datant des années 1970, donc avant le varroa et les insecticides néonicotinoïdes, 78 % des essaims sauvages ne survivent pas au premier hiver, sachant qu’une bonne partie d’entre eux sont issus de ruches, donc de souches d’élevages moins aptes à survivre sans soins.

La meilleure méthode pour trouver une colonie sauvage reste le bouche-à-oreille. Parlez autour de vous de votre intérêt pour les abeilles sauvages et avec un peu de chance quelqu’un ne tardera pas à vous dire qu’il en connaît un, dans la cheminée de M. X, dans le mur de Mme Y ou dans un vieil arbre de tel bois. Les deux-tiers des colonies sauvages que je suis ou que j’ai suivies m’ont été indiqués par d’autres personnes.

Abeilles mellifères entrant dans un arbre creux

Quelques professions sont plus à même de posséder ce type de renseignement. Les apiculteurs, bien entendu, notamment ceux qui vendent leur production sur les marchés, informés par leurs clients. Les pompiers et les services techniques des communes sont contactés en priorité par les personnes importunées par un essaim sauvage logé dans un bâtiment. Mais alors la destruction ou l’expulsion est proche, malheureusement. Pour découvrir les colonies nichant dans les trous d’arbres creux, interrogez en ville les employés des espaces verts ou des sociétés d’élagage, à la campagne les agriculteurs, les bûcherons ou les particuliers qui coupent leur bois de chauffage eux-mêmes. Ils connaissent bien les arbres de leur environnement et un essaim actif, surtout s’il est installé depuis plusieurs années, échappe rarement à leur attention.

Méfiez-vous cependant de l’incompétence possible en entomologie de votre informateur, car le bel essaim d’abeilles s’avère parfois être un nid de guêpes, plus rarement de bourdons.

Vous pouvez faire confiance au hasard en laissant traîner vos yeux au bon endroit lors de vos promenades. Qu’est-ce qu’un bon endroit ? Le carré de ciel au-dessus d’un toit, entre les branches d’un vieil arbre. Lors des belles journées favorables à la sortie des butineuses, leurs allées-et-venues incessantes sont aisément repérables sur ce fond bien éclairé. Parfois, à courte distance, c’est le bourdonnement de la colonie qui éveillera votre attention. La technique est aléatoire, mais efficace. Depuis que je l’ai adoptée, je trouve environ une colonie par an.

Colonie sauvage derrière un volet

Vous pouvez également pratiquer la chasse active des nids en suivant des butineuses. Le principe est simple : suivre des yeux une abeille au travail, et quand elle retourne à la ruche, repérer au moins la direction qu’elle a prise. Les abeilles suivant des couloirs de vol assez étroits, une fois l’un de ceux-ci repéré, il ne vous reste plus qu’à le suivre jusqu’aux environs du nid, puis à trouver celui-ci en examinant attentivement tous les endroits potentiellement favorables pour l’abriter.

Détection d’une colonie sous tes tuiles

Bien entendu, c’est simple à décrire mais plus difficile à faire. Première difficulté, la butineuse, si elle vient d’arriver, peut passer longtemps de fleur en leur pour faire le plein. Choisissez de surveiller un individu aux pelotes de pollen bien grosses, il a de fortes chances de retourner bientôt au nid. Seconde difficulté, arriver à repérer la bonne direction du nid, et d’autres butineuses y retournant pour suivre la piste. Troisième difficulté, le vol en ligne droite et en hauteur des abeilles se joue des obstacles que vous ne manquerez pas de rencontrer sur votre chemin. Enfin, quatrième difficulté et non des moindres, vous découvrez souvent par cette méthode la localisation des ruchers des environs !

Vincent Albouy

Contact : avettes-sauvages@orange.fr

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