Ruches de biodiversité

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L’esprit de la ruche de biodiversité

ruche-vannerie

En apiculture,  l’idée saugrenue que les abeilles, présentes sur terre depuis plusieurs millions d’année, auraient besoin de nos « bons » soins pour exister a fini par s’imposer ! Or, on ne peut que constater que nos mauvaises pratiques (apicoles, agricoles, industrielles et d’autres touchant à la destruction d’un environnement sain) les condamnent à une disparition rapide. Cherchez l’erreur !

Cette réflexion induit une question : la priorité est-elle de sauver l’apiculture ou de sauver les abeilles ? La question est terrible, et elle est malheureusement d’actualité… La réponse aussi est terrible, mais elle s’impose d’elle-même : sans abeille, il n’y aura plus d’apiculture, alors que sans l’apiculture, il restera des colonies sauvages, vivantes car inaccessibles, capables de redonner des essaims !

Après seront-elles assez nombreuses pour permettre à l’espèce de se multiplier à nouveau ? Pas sûr… Sauf, si nous donnons un coup de pouce à la nature en tentant de réparer les dégâts monstrueux que nous causons et en en anticipant l’inéluctable finalité : la disparition totale d’une espèce à laquelle nous devons énormément. Le constat est simple : les abeilles n’ont quasiment plus de gîtes sauvages où s’installer. Reconstituer ce patrimoine éco-biologique est donc urgent ; c’est aussi un devoir. Appelons-les ruches de biodiversité, nichoirs à abeilles, HLM à mouches à miel… fabriquons-les en planche, en céramique, en boisseaux de cheminée, en vannerie, en tronc creux ou en gros pot de fleur, qu’importe, l’important est de faire !

Le pire serait de se décourager, de baisser les bras…

Bien sûr, certains nids à abeilles sont bien plus confortables que d’autres et si on laisse l’insecte choisir, il ira plus facilement dans une ruche tronc ou en vannerie que dans une terre cuite froide l’hiver et chaude l’été… faisons lui confiance, même si des fois on a des surprises et il est des ruches dans de vieux bidons métalliques qui ont sur-vécues au-delà de toute espérance !

essaim-ruc-biofiversiteCela dit, pour mettre le plus de chance de notre côté, installons des gîtes le plus naturel possible pour les abeilles ; des gîtes sur lesquels on s’interdit par avance toute intervention. L’idée pourra paraître farfelue à certains, c’est pourtant la seule véritable solution pour retrouver une population d’abeilles génétiquement dynamique, donc viable à court, moyen et, espérons-le, long terme. Cette démarche est à l’opposé de celle de l’apiculture industrielle qui n’a de cesse que d’appauvrir les filiations génétiques… Les apiculteurs eux-mêmes le savent et le dénoncent.

 

Pour qui, pour quoi, cette fuite en avant ? Pas pour la profession, ou alors à très court terme. Non juste pour permettre à quelques multinationales de s’enrichir sur le dos des abeilles, encore plus, toujours plus…

Il n’y a pas de fatalité à cette situation, chacun de nous peut apporter sa modeste contribution en installant chez lui une ruche ou deux dont il ne s’occupe pas. Multiplier les ruches de biodiversité, c’est multiplier les situations qui redonnent aux abeilles un semblant de conditions de « vie sauvage ». En leur offrant un habitat adapté, en les laissant tranquille, en favorisant un vrai couvert végétal mellifère de proximité, nous multiplions les espoirs de sauver des colonies mères, pour qu’ensuite elles essaiment.

Cela n’empêche pas d’avoir à côté de celles-ci une ou deux ruches de production, comme un ruche Warré ou des ruches  troncs ou en vannerie exploitées, car elles peuvent l’être aussi.

La priorité c’est donc aujourd’hui de penser aux abeilles avant de penser à les exploiter, une philosophie nouvelle qui nous permettra de reprendre un peu contact avec cette nature dont nous nous coupons de plus en plus…

 

Comments

  1. Bernard Bertrand
    11 octobre 2015

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    Claudy bonjour
    Pour acheter une ruche de biodiversité en bois, contactez Muriel, à m.baillou@wanadoo.fr
    Muriel prépare des ruches pour la saison 2016, elle habite dans le Berry, elle prépare actuellement un site internet de présentation de son activité, et pourra vous répondre rapidement.
    Bien cordialement

  2. JEANMICHEL Sylvie
    2 mars 2016

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    N’avez vous pas de problème de varroa dans vos ruches si vous n’y intervenez pas ?

    • Bernard Bertrand
      2 mars 2016

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      Bonjour Sylvie
      Votre question est pertinente et je vous remercie de la poser.
      Est-ce qu’il y a des varroas dans les ruches de biodiversité ? Mais oui, bien sûr, il y en a.
      La seule différence c’est que la ruche de biodiversité n’affaiblissant pas la colonie, celle-ci est en mesure de gérer la population de ce parasite et de la maintenir à un niveau supportable. Des études ont montré qu’une ruche en production (miel, pollen ou gelée royale), à laquelle on demandait de produire beaucoup et que l’on nourrissait parfois au sucre raffiné, était infestée en 6 mois et dépérissait rapidement si l’apiculteur n’intervenait pas… Une ruche sauvage (installée dans un arbre creux par exemple) ne sera elle menacée par l’invasion du parasite qu’au bout de 3 à 6 ans, voire plus ! Pourquoi une telle différence ? Sans faire de grand discours rappelons ce que nous dit le bon sens : plus nous sommes fatigués par le travail et le stress, plus nous sommes fragilisés et susceptibles d’attraper maladies (bactéries et virus pathogènes), et parasites (puces, poux, etc.). Les abeilles sont soumises aux mêmes lois de la nature. A force de leur demander de produire toujours plus, de les faire transhumer pour accroître leur saison de travail, alors qu’elles aspirent à se reposer, à force de les nourrir sur des monocultures, de leur prendre leur miel et de le remplacer par du sucre, à force de multiplier les stress liées à la conduite du rucher (de l’ouverture intempestive, à la mutilation des reines), à force de leur faire consommer de pesticides (agricoles en dehors de la ruche et apicoles dans la ruche), nous avons fait de l’abeille un être faible, incapable de se défendre contre le varroas, mais aussi contre le frelon asiatique et le coléoptère connu sous le nom de Aethina tumida. Il suffit d’éliminer ses facteurs d’affaiblissement de l’abeille pour qu’elle retrouve une vraie combativité et soit capable de se débarrasser seule du varroas. Du bon sens « paysan », rien que du bons sens.
      Pour conclure, qu’elle est le bilan de la lutte anti-varroas officielle, de la lutte chimique donc ?
      Les varroas, qui eux ne sont ni stressés ni fatigués, mutent et sont devenus résistants aux pesticides que l’on déversent sur leur tête, au point que les apiculteurs conventionnels qui utilisent l’arsenal chimique sont obligés de changer de molécules chimiques tous les ans… dans le même temps les capacités de l’abeille à se défendre ont été réduites comme peau de chagrin.
      Ce seul constat objectif ne devrait-il pas à lui seul nous interpeller et remettre en cause le choix de la lutte chimique ?

  3. JEANMICHEL Sylvie
    12 mars 2016

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    Pensez-vous que l’on puisse faire cohabiter dans un rucher des ruches de production (sur lesquelles on intervient) et une ruche de biodiversité (sans intervention) ?

    • Bernard Bertrand
      13 mars 2016

      Leave a Reply

      Oui, ce serait l’idéal. C’est cette cohabitation qui a permis à l’apiculture de se développer pendant des siècles. Cette mixité entre essaims sauvages et essaims domestiques permettait un brassage génétique salutaire à l’espèce et une dynamique dont a bénéficié l’apiculture.
      Malheureusement aujourd’hui des incertitudes nouvelles perturbent gravement cet équilibre.
      Notre prise de conscience et nos actions doivent tendre à le recréer, en réparant nos erreurs (empoisonnements, destruction des gîtes et des milieux, artificialisation de la ruche et excès d’interventions, qui génèrent une dépendance catastrophique de l’abeille à des pratiques qui sont « contre-natures »).

  4. Valerie
    14 mars 2016

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    Bonjour
    Merci pour votre implication, je viens d »écouter votre interview sur France culture… tout y est dit… et tout reste à faire !
    Pour ma part, je suis tombée en amour pour la Sun Hive (Ruche en forme d’œuf) au point d’organiser des stages de fabrication, en Dordogne.
    C’est une ruche magnifique avec un espace parfais pour une colonie autonome et libre d’essaimer. J’aimerais pouvoir échanger à son sujet avec vous.
    merci
    Valerie – Dordogne

    • Bernard Bertrand
      14 mars 2016

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      Bonjour Valérie
      Nous avons bien évidemment réfléchi à la ruche idéale, pour nous comme pour beaucoup d’apiculteur, elle est en forme d’œuf, comme la sunhive (ou ruche soleil) ! Voir à ce propos l’ouvrage « Les ruches de biodiversité » p. 60.
      Hasard du calendrier, je viens d’en installer une aujourd’hui même, fabriquée par mon ami Jean-Pierre Gauthier, mais pour l’instant elle est vide.
      Les biodynamistes en font aussi la promotion. Le sunhive est une ruche en vannerie spiralée cousue (paille de seigle) en forme d’œuf, mais avec un système de barrettes cintrées, ce qui la rend difficile à réaliser.
      Nous sommes bien évidemment très intéressés par le partage d’expériences, nous attendons avec impatience qu’une colonie adopte cette ruche ou que nous ayons l’opportunité d’en installer un.
      Et vous, avez-vous des sunhives habités ? Pour nous, son principale handicap c’est la difficulté de fabrication.

  5. Valerie
    16 mars 2016

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    bonjour
    En effet la Sun Hive est conçue avec des barrettes cintrées et un très grand espace vide.
    Pour ma part, ce n’est pas la difficulté de fabrication qui m’a amenée à la modifier un peu, mais une expérience de casse par grosse chaleur dans une TBH (plusieurs rayons au fond de la ruche).
    J’ai pensé (et je ne semble pas être toute seule) à leur laisser bâtir directement dans le panier supérieur et à créer des barres au niveau du plateau central.
    Quoiqu’il en soit, j’invite mes stagiaires à ne pas ouvrir : pas de cadres = pas de visite !
    Nous conservons le trou au sommet pour nourrissement ou micro récolte via un bocal ou équivalent.
    Voilà les grandes lignes de « ma » Sun Hive.
    Pour l’heure, mes ruches attendent depuis 2 ans la fin du chantier de construction de notre maison. Elles vont prendre place sous le auvent, contre la maison, la semaine prochaine.
    Les premiers essaim 2016 seront les premiers propriétaires de ces ruches magnifiques.

  6. Alex
    12 août 2016

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    Bonjour, je ne trouve pas de liens pour vous contacter alors je passe par là.
    Savez-vous s’il existe des apiculteurs qui font découvrir leur métier aux familles ?
    Mes enfants sont tout petits mais adorent les abeilles et rêveraient de voir « en vrai » comment elles fabriquent le miel.
    Nous sommes dans les bouches du Rhône.
    Merci d’avance !
    Alexandra

    • Didier Skorupa
      18 août 2016

      Leave a Reply

      Bonjour Alexandra,
      de nombreux apiculteurs sont ravis de faire découvrir leur passion !
      Pour ce qui vous concerne, vous pouvez vous rapprocher d’une structure apicole locale comme par exemple L’Abeille Provencale (http://www.abeille-provencale.net/) qui se fera un plaisir de vous diriger vers un apiculteur qui vous fera découvrir la vie de la ruche.
      Bien à vous,

      Didier

  7. Patricia Maillard
    30 août 2016

    Leave a Reply

    Dans le domaine des ruches de biodiversité, favorisant le brassage génétique naturel, améliorant les conditions d´hygiène et de vie de l´abeille, pouvant être utilisées tant comme habitat d´un essaim en mode de vie sauvage que comme une ruche de laquelle il est possible de récupérer dumiel; avec les caractéristiques d´une ruche idéale tel que la décrivent les apiculteurs, c´est à dire:
    1- ovoido cylindrique,
    2- sans cadres ni barettes
    3- extensible
    4- avec un chapeau en forme de dôme
    5- permettant la symbiose avec les fourmis
    6- avec des plaques porte-couvain et porte-rayons en châtaignier
    7- avec une régulation thermique qui aide les abeilles à ne pas dépenser plus d´énergie que nécessaire, ni pous ventiler, ni pour chauffer
    8- avec une régulation hygrométrique qui évite toute stagnation d´eau de condensation et développement de microorganismes pathogènes puisqu´
    9- avec une forme qui favorise l´expulsion du CO2
    10- avec enfin une forme qui permet aux abeilles de moduler elles-mêmes les volumes, la taille des alvéoles et les espaces entre les rayons afin devivre selon leurs moeurs
    Cela existe aussi… http://www.ruche-terrecuite.com

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