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Les abeilles ont déserté la ruche

By on 29 mai 2015

Question
Le 26 avril 2015 23:27, Francoise C. a écrit :


Bonjour,
Je viens vous présenter les débuts de mon histoire avec les abeilles.
 J’ai suivi presque à la lettre la réalisation de la ruche expliquée sur modèle très clair du n° 7 de mars 2014 du Lien Créatif p 39 à 41.
Presque à la lettre avec quelques adaptations en écoutant un apiculteur…
Je vous envoie les photos. Vous pourrez voir un socle en chêne réalisé par un collègue menuisier. Il a également réalisé un cadre pour y fixer le grillage destiné à limiter les intrusions par le bas de la ruche et des pieds de 0,5 mm de hauteur pour la ventilation. Une grille plastique, fixée avec un fil de fer inox très fin, empêche la reine d’accéder à la partie supérieure (en théorie). J’ai tressé la molinie non pas avec de la ronce que je ne maîtrise pas encore mais avec une bonne ficelle de chanvre de 2 mm d’épaisseur (achetée sur le site Internet  Naturellement Chanvre) avec l’aide d’une aiguille réalisée avec un os d’agneau, une poignée en bois pour saisir le couvercle… ma ruche était quasiment prête à accueillir les abeilles. À cela prêt que je ne l’avais pas encore enduite de pourget.
 Comme un apiculteur m’a prévenue de la présence d’un essaim à récupérer,  je suis allée le chercher. Je me suis dit que le pourget attendrait cet été, qu’il sècherait mieux.

 Jeudi, j’installais l’essaim dans son nouvel habitat, en place et j’ai passé un peu de temps à les observer après leur retour au calme. Une chose m’interpellais, aucune abeille n’utilisait les trous percés en façade (d’un diamètre de 8mm) pour accéder dans la ruche. Elles préféraient se faufiler entre le corps de la ruche et le couvercle, mais cela ne semblait pas dérangeant.
Aujourd’hui je leur ai rendu visite sans vouloir les déranger. Tout semblait aller bien, les allers et venues des abeilles se faufilant toujours sous le couvercle m’ont rassurée, persistant à ignorer les trous percés en façade pour leur accès. Ce qui m’a ennuyée était la présence et l’intrusion de fourmis dans la ruche.

 Ce soir je décidais de leur refaire une visite et là, pas de mouvement, pas de bruit, j’étais assise près de la ruche quand j’ai levé la tête. Je vois un essaim devant moi, dans les branches d’un cade ! 
Était-ce l’essaim de la ruche ou en était-ce un autre ??? J’enfile la vareuse, je prépare l’enfumoir et je n’ai qu’un moyen de vérifier, ouvrir la ruche. Surprise, elles n’y sont plus, c’est donc l’essaim de la ruche qui l’a quittée. Je retourne la ruche, un petit coup sec sur le cade et je récupère ainsi l’essaim. Ai-je bien fait, je ne sais pas. 
Un moment plus tard, je décide de retourner faire une approche d’observation, à nouveau le silence, je soulève le couvercle, et là mauvaise surprise, elles ont déserté la ruche une seconde fois mais sans se contenter d’un cade tout proche, elles ont disparu !!!
Quel est le problème ? Qu’est-ce qui ne leur convient pas ? Je l’ignore. Je vous soumets la situation en espérant que vous aurez peut-être un avis ou un conseil à me donner. Je trouverais dommage d’avoir mis tant d’application et de cœur à la fabrication de cette ruche pour que finalement elle ne leur convienne pas.
Ont-elle trouvé la ruche trop grande, trop ventilée, trop difficile d’accès, mal placée, je ne sais pas du tout. Je n’ai malheureusement encore aucune expérience me permettant de me faire une idée.

 Je vous remercie de votre réponse.
Très cordialement,
Francoise C.

Notre réponse LLC/Bernard B.

Nous comprenons votre déception ! Bien évidemment il ne suffit pas de faire une ruche en paille pour que des abeilles l’adoptent.
Première cause possible : le dérangement. Ensuite, ont-elle trouvé la ruche trop grande ? Non. Trop ventilée ? Non plus, mais sans doute pas assez étanche (abscence de pourget). Un peu de propolis ou de cire aurait pu faciliter leur installation.
Peut-être les éclaireuses avaient-elles simplement trouvé un « meilleur » gîte. Si cet essaim est parti une première fois, c’est normal aussi qu’il ne soit pas resté une seconde, si rien n’avait changé !
Il faudrait connaître le contexte.
Voyons le côté positif : votre ruche n’était pas finie, il aurait été dommage d’y mettre trop tôt des abeilles.
Faire le pourget une fois l’essaim installé n’aurait pas été opportun. Outre le dérangement, il se serait produit une importante arrivée d’humidité et un refroidissement brutal de la loge. Même en été, les ouvrières auraient dû faire des efforts démesurés pour corriger ces facteurs. Cela aurait créé un affaiblissement de la colonie et le développement de maladies.
N’oubliez pas que ces ruches doivent impérativement être abritées ! Le pourget ne garantit pas de la pluie, il évite les courants d’air et la lumière. C’est le chaume qui assure l’étanchéité, mais il est délicat de bien le réussir, il faut beaucoup de paille ou de roseau et il faut le renouveler souvent pour qu’il n’y ait pas d’infiltration. Pour des ruches en vannerie, l’idéal, c’est le rucher couvert (en photos).
Une ruche, c’est d’abord un espace parfaitement thermo-régulé, mais aussi hydro-contrôlé, c’est pour çà qu’une ruche en vannerie est un meilleur nid qu’une ruche carrée en bois !
Quant au fait que les abeilles entraient par l’espace entre corps de ruche et calotte, ce n’est pas gênant sur le principe, certaines ruches ont des trous « haut », d’autres « bas ». Mais dans votre cas, cela souligne la présence de nombreux jours, donc de courants d’air.
Dans tous les cas, ne prenez pas mal cette non-installation, les abeilles méritent de la persévérance. Il vaut sans doute mieux préparer votre ruche et, le cas échéant, repousser d’un an la plaisir d’avoir des abeilles.

 

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