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L’insémination artificielle, quel bénéfice pour les abeilles ?

By on 9 janvier 2017

Déjà que les apiculteurs ne voulaient plus d’essaimage et maintenant les reines sont inséminées par l’homme, que va-t-il leur rester ?
L’homme veut tout gérer dans la nature, rien ne va comme il veut, la nature ne voudrait en faire qu’à sa tête, les vaches feraient des veaux quand elles le veulent puis ne plus donner de lait, les poules voudraient bien pondre  des œufs mais simplement pour avoir une descendance …
Les abeilles essaiment depuis la nuit des temps, car c’est pour elles la seule façon de se reproduire et les  jeunes reines vierges se font féconder naturellement par les mâles les plus performants.
Lorsque la colonie a atteint un certain nombre d’individus et que la reine a pris de l’âge, il faut penser à perpétuer l’espèce, la colonie décide de se diviser en deux, l’une des deux parties reste avec la future reine  et l’autre  part avec la vielle reine et va prendre le risque de fonder une nouvelle colonie  en essaimant.
Voici donc la vie naturelle d’une colonie d’abeille depuis son apparition sur terre.
Pourquoi l’homme décide de pratiquer une sélection ? Simplement pour transformer l’abeille à ses besoins, pour la rendre plus rentable et surtout plus douce, comme une mouche à merde.
Une des raisons pour faire des croisements entre plusieurs espèces, c’est pour obtenir une abeille plus grande, car elle aura une langue plus longue et pourra butiner des fleurs qui jusqu’alors lui était inaccessible.
Mais, ce n’est pas anodin de transformer ces abeilles, car elles prennent la nourriture qui était prévu pour d’autres insectes, ce qui provoque une concurrence très importante, car les abeilles domestiques butinent en grand nombre.
Lorsque l’on provoque une modification sur le vivant, il y a toujours des surprises, mais jamais en positif pour la biodiversité.
Si on prend l’exemple de la tomate industrielle, les scientifiques l’ont triturée dans tous les sens, résultat, un « machin rouge » avec une peau épaisse qui supporte de faire deux fois le tour de la planète, mais qui n’a plus de goût. Et, lorsqu’on la coupe en deux, nous avons une roue de char, de l’eau et des pépins, bref, un truc rouge que je n’oserai même pas incorporer à mon compost.
Mais revenons à nos abeilles. L’insémination artificielle supprime totalement l’acte naturel de fécondation avec les mâles les plus puissants qui seront à même de donner une descendance qui aura la force de se défendre contre les maladies, les parasites et la pollution d’aujourd’hui.
Avec l’insémination, on ne contrôle que le nombre de spermatozoïdes, mais pas la puissance naturelle du mâle.
Pour se faire féconder, la reine part assez loin de sa ruche pour trouver des mâles d’autres ruchers ce qui évite la consanguinité. Lorsque la reine est inséminée, elle ne pratique pas son vol nuptial, on ne connaît  pas les effets que cela peut provoquer à long terme sur la reine, ni sur la vie de la colonie.
Dans une colonie naturelle, lorsque la décision est prise pour le vol nuptial, les abeilles accompagnent la reine aux alentours de la ruche puis attendent son retour pour la guider dans sa ruche puis quelques jours après  la ponte peut commencer.
Les personnes âgées qui possèdent des poules depuis longtemps s’aperçoivent que les poules d’aujourd’hui ne couvent plus leurs œufs, ce qui était une chose courante, il y a une quarantaine d’années. Comme tous les poussins naissent sous une couveuse électrique, depuis belle lurette, il n’y a plus de mère poule pour enseigner toutes les choses de la vie les plus basiques.
J’ai pris l’exemple de la poule, car on le constate aujourd’hui, c’est la même chose pour les abeilles avec l’insémination artificielle et l’essaimage artificiel. Cette dernière pratique consiste à ponctionner  des cadres avec des abeilles au hasard dans la ruche mère afin de l’affaiblir pour éviter l’essaimage naturel.
En réalité, on créait un cataclysme dans la ruche mère et dans la ruchette, il n’y a plus rien de normal dans la vie de la colonie, qui subit un stress très important dont on ne peut mesurer l’ampleur.
Lorsque que l’on constate les effets du stress sur l’homme, dont l’apparition de toutes ces maladies nouvelles que l’on ne maîtrise pas…  Lorsque que l’on constate les effets de ce même stress sur tous les animaux et dans tous les domaines de la vie on ne peut que constater que le stress n’apporte que de mauvaises choses.
Pourquoi n’en serait-il pas de même chez les abeilles ?
Lorsque que l’on introduit une reine fécondée dans une ruche, préalablement rendue orpheline en tuant la reine, toutes les étapes du choix de la larve, de l’élevage à la naissance, de la fécondation de la reine sont totalement occultées, le stress subit est à son maximum ! Quel est l’impact de cette manipulation pour toute la colonie !
Sûrement pas une réaction de bien-être ! Notre objectif n’est alors que de fabriquer des robots à butiner.
Pour qu’une colonie reste en bonne santé, elle doit avoir un habitacle correct, c’est-à-dire sans humidité, d’un volume suffisant, inaccessible aux intrus, une bonne isolation… La nourriture doit être riche, diversifiée et abondante, le plus loin possible des monocultures porteuses de pesticides.
La vie de la colonie doit être au plus proche de ses conditions de vie naturelle : essaimage et fécondation de la reine naturelle, pas de visite intempestive de la ruche sont des priorités vitales pour la colonie. Tout comme le fait que les réserves hivernales doivent être constituées au maximum de miel.
Dans un reportage sur la mortalité des abeilles, un apiculteur professionnel parlait « de son bétail qui mourait » en parlant de ses abeilles, cela en dit long sur le rapport de l’apiculteur « moderne » avec l’abeille.
Alors que son rôle devrait être de diminuer au maximum les stress subits par ses protégées, beaucoup font l’inverse… Faut-il alors s’étonner de la disparition des abeilles à miel ?
Jean-Pierre Gauthier.

Comments

  1. Elias
    11 janvier 2017

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    « C’est pas interdit, alors pourquoi se poser des questions, d’autres ont dû déjà y réfléchir à NOTRE place. » C’est bien là le problème, on ne sait plus faire la part du bien et du mal. On se laisse guider de plus en plus par le plus grand nombre et par ceux qui nous gouvernent . On nous déresponsabilise à outrance mais tant que ca ne touche pas notre porte monnaie on ferme les yeux et on laisse courir !
    En ce qui me concerne, l’insémination est l’équivalent d’un viol, quand elle n’est pas absolument nécessaire pour n’importe quel etre vivant, et, j’allais dire, cela devrait être interdit, mais je préfère : cela Nous devrions Nous l’interdire!

  2. de
    9 juillet 2017

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    My Little Brasil : Le Brésil, en français ! | …

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