Ruches de biodiversité

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Essaimage, mode opératoire

By on 10 mai 2016

Par Bernard et Christina, toutes les photos, sauf la première, François Blanchard

 

Parmi les plus belles expériences que nous proposent l’abeille et sa colonie, il y a l’essaimage !

Un rendez-vous annuel, de mi-avril à fin juin (des fois jusqu’en juillet), que nous donnent les abeilles et qui nous permet de prendre la juste dimension de ce que peut représenter l’entité « colonie d’abeilles ».

Assister à un essaimage, c’est assister à l’un des plus beaux spectacles que nous offre la nature. Un peu comme assister à la naissance de nos enfants.

Quand en plus on est convaincu que l’essaimage est un besoin biologique et physiologique vital pour une bonne santé et une vraie dynamique de la ruche, alors on comprend toute l’importance qu’il y a à favoriser autant que possible ce phénomène.

Ce discours est en complète contradiction avec celui des apiculteurs, dont beaucoup estiment que l’essaimage est un « échec » pour l’apiculteur !

Quelle triste pensée, c’est au contraire la plus belle des récompenses que l’apiculteur amoureux et respectueux de ses abeilles puisse espérer.

Lui seul (l’essaimage) favorise la régénération naturelle de l’espèce et est à même d’assurer sa survie à long terme. Du bon accomplissement de ce processus vital dépend la vitalité génétique du peuple des abeilles.

L’essaimage est à l’origine du renouvellement des reines et de celui de ses colonies. C’est au moment des prémices de l’essaimage que les mâles les plus performants naissent et se font une place au soleil. Ils se préparent ainsi, les plus performants d’entre eux, à la fécondation de la jeune reine.

 

Parmi les questions récurrentes qui nous sont posées lors des stages de fabrication de ruches de biodiversité, il en est une qui revient sans cesse : « Comment fait-on pour mettre des abeilles dans ces ruches ? »

Par essaimage naturel bien évidemment.

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Deux hypothèses sont possibles.

1 – Un essaim nomade vient s’installer seul, parce que vous avez pris soin de transformer votre ruche en ruche piège efficace (cire fondue et propolis sur les parois).

2 – Vous capturez un essaim nomade de passage.

Dans ce second cas, les paniers sont les mieux adaptés à la capture de l’essaim. Voici un petit déroulé de l’enruchement d’une ruche en paille de type sun-hive.

1 – L’essaim primaire est sorti d’une ruche « langstroth », il se pose dans un sureau tout proche à quelques mètres de la ruche (photos ci-dessus).

2 – Vous avez démonté le panier bas de la ruche.

 3 – Délicatement, en bousculant le moins possible l’essaim, vous coupez toutes les banches et branchettes du sureau…

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4 – L’essaim tombe dans le panier, vous le posez au sol.

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5 – Vous prenez la branche de sureau et vous la secouez d’un coup sec pour faire tomber tout le monde dans la ruche.

6 – vous remettez en place le panier sous le plateau de la sun-hive.

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C’est fini… Les abeilles sont dans un hôtel grand luxe !

Toutes ces opérations peuvent se faire sans protection, mais ayez-en toujours une à portée de main, car il peut y avoir des phases d’agressivité temporaires et dans ces moments-là, mieux vaut pouvoir se protéger rapidement, car une fois la capture de l’essaim engagée, vous ne pouvez plus vous arrêter et il faut faire vite pour limiter le stress des abeilles.

 

Comments

  1. Sophie
    6 janvier 2017

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    Bonjour,
    J’ai découvert votre site via le site de Christophe Gatineau. J’ai acheté votre livre « Ruches de biodiversité », et j’ai écouté votre interview sur France Culture. Nous sommes consommateurs de miel, et je suis tombée de haut en vous écoutant et en vous lisant ! Je croyais acheter un produit naturel bon pour ma santé, en prenant garde de l’acheter à des producteurs français, et si possible locaux. J’ai été stupéfaite de découvrir la vie des abeilles de « production », exposées aux pesticides par les apiculteurs eux-mêmes ! Sur exploitées, malmenées par des interventions répétées. J’ignorais tout cela. Et j’ai été encore plus bouleversée par l’élevage des reines, leur appauvrissement génétique, leur greffe sur une ruche étrangère, après la mort ou le sacrifice de leur propre reine, les choix de races plus « pratiques » au détriment de la capacité d’auto-défense des abeilles. Je n’en reviens pas !
    Je ne regarderai plus jamais mon pot de miel de la même manière. Je pensais que le miel bio était une belle arnaque (ça l’est peut-être d’ailleurs ?), car on ne peut pas parquer les abeilles. Mais finalement, serait-il bio parce que l’apiculteur n’utilise pas de traitements chimiques sur la ruche ?
    Bref, depuis plusieurs années, je réfléchis au projet de mettre une ruche dans mon jardin, parce-que j’aime les abeilles. Je me réjouis de les voir butiner les fleurs de mon jardin. Nous n’avons pas sauté le pas, car le grand-père de mon mari avait des ruches, et mon mari en garde le souvenir d’une activité très prenante, avec de nombreuses actions sur les ruches, le travail d’extraction, le matériel à acheter…
    En découvrant votre travail, je me dis qu’une ruche de biodiversité dans mon jardin serait un beau projet. La ruche tronc aurait ma préférence. Cependant, certaines questions me traversent l’esprit, moi qui n’y connais strictement rien aux abeilles. Je ne me vois pas aller récolter un essaim, car je pense que cette opération ne s’improvise pas. Demander un essaim à un apiculteur du coin, en lui expliquant ce que je vais en faire, je pense que ce n’est pas un bon plan. Il me reste à espérer voir un essaim s’installer spontanément dans ma future ruche. Vous dites que cela est possible si on enduit l’intérieur de la ruche de propolis. Où puis-je en trouver ?
    Comment savoir si mon environnement conviendrait aux abeilles ?
    Quelle est la période idéale pour installer cette ruche ?
    Je circule partout dans mon jardin, je risque de les déranger ?
    Merci d’avance pour vos réponses.

    • Didier Skorupa
      10 janvier 2017

      Leave a Reply

      Bonsoir Sophie,
      merci pour ce partage !
      Pour répondre à vos questions, voici quelques pistes et suggestions.
      Pour ce qui concerne la propolis, peut-être connaissez-vous un apiculteur proche de chez vous ? Vous pouvez également prendre contact avec le rucher école de votre département et demander les coordonnées d’un apiculteur qui dispose de propolis.
      Pour avoir visité votre blog, je sais que vous êtes une jardinière passionnée. Vous êtes alors en mesure d’évaluer l’intérêt que portent les insectes pollinisateurs à vos jardins potagers et ornementaux. Je pense que vous cultivez déjà des plantes mellifères vivaces et annuelles en fonction d’un calendrier de floraison le plus étalé possible.
      L’hiver est la période idéale pour fabriquer ou acquérir sa ruche. On peut ainsi l’apprêter, y installer des amorces de cire ou pas, préparer l’emplacement (30 cm du sol, ouverture orientée sud, sud-est) en veillant qu’elle soit protégée des vents dominants, qu’elle bénéficie du soleil surtout l’hiver et surtout prendre conscience, qu’une fois peuplée, on ne pourra plus la déplacer.

      • Sophie
        12 janvier 2017

        Leave a Reply

        Bonjour Didier, et merci pour votre réponse.
        Serais-je bien accueillie par un apiculteur ou un rucher école si j’explique pourquoi je cherche de la propolis ? J’en doute… J’ai vu qu’il était possible d’en acheter sur internet. Est-ce que la propolis de grattage conviendrait ? Pour l’appliquer, il faut sans doute la diluer ? Avec quoi faire la préparation ? Et quelle quantité dois-je prévoir ? La cire, il faut en mettre sur le croisillon ? Est-il mieux d’utiliser de la propolis et de la cire bio ?
        Ça fait beaucoup de nouvelles questions ! 🙂
        Les endroits de mon jardin abrités des vents dominants avec une exposition sud-est sont les plus fréquentés de mon jardin (potager, jardin d’ornement). J’ai bien en tête un endroit où nous n’allons pas beaucoup, mais il est moins bien protégé. Il faudra peut-être envisager la construction d’un petit abri pour compenser. Nous disposons de 3 hectares de prairie, sans aucun traitement ni engrais, où nous faisons du foin. Il y pousse une assez grande diversité de graminées et de plantes vivaces à fleurs (pissenlit, bouton d’or, reine des prés, consoude…), le tout bordé d’un ruisseau (présence de saules marsault, aulnes). Et en bordure du pré, la forêt, principalement peuplée de chênes, hêtres, charmes, bouleaux. De l’autre côté, notre terrain est bordé de haies champêtres (environ 200 mètres de haie), avec aubépines, prunelles, charmilles, quelques églantiers, houx et fusains d’Europe, de la ronce). Et puis, il y a le jardin d’ornement, avec essentiellement des vivaces, et le potager, où je fais pousser des aromatiques à fleurs (thym, romarin, bourrache, origan, curry…).
        Là où le tableau se ternit, c’est de l’autre côté de la route, avec des cultures conventionnelles de colza, blé, maïs, régulièrement traitées aux pesticides. Mais il faudra faire avec…
        Il me reste à trouver un tronc, et l’adapter comme expliqué dans le livre. A suivre…

  2. Jean-Pierre
    16 janvier 2017

    Leave a Reply

    Bonjour Sophie et Didier,
    Après la lecture de vos commentaires, je me suis dit qu’il fallait faire une petite approche un peu plus complète sur ce sujet, je vais répondre à vos questions :
    Comment récupérer un essaim lorsque l’est-on novice en apiculture ?
    Je suis apiculteur depuis plus de 30 ans et je ne sais pas combien d’essaims j’ai pu cueillir dans toutes les situations possible et improbable.
    Pour cueillir un essaim sur une branche par exemple c’est très simple :
    Premièrement, il faut se protéger entièrement, n’écouter pas les autres qui vous disent qu’il n’y a rien à craindre, il ne faut pas prendre de risque inutile surtout pour le premier contact avec les abeilles.
    Plus tard, avec des connaissances plus approfondies de l’abeille, vous pourrez approcher les abeilles sans protection.
    Préparation de la ruche :
    Si c’est une ruche en bois avec des cadres, vous placer des cadres vides de cire ou des barrettes, car l’abeille n’a pas besoin de cadre déjà bâti par d’autres abeilles, ni de feuilles de cire préparées par le cirier.
    Lorsque l’essaim recherche naturellement un abri, par exemple, un trou dans un arbre ou un espace entre des volets et fenêtre, il n’y a rien, pas de barrettes ni de cadres préparés par l’homme.
    Si vous avez une ruche en paille, il suffit de placer de petites baguettes de bois en travers de la ruche, en partie haute, simplement pour soutenir le poids des constructions de langues de cires produites par les abeilles.
    Vous placez votre ruche ouverte en dessous ou à proximité de l’essaim à même le sol.
    Il faut vous prémunir d’un seau en plastique, c’est le récipient le plus pratique et le plus léger.
    Il ne faut absolument rien d’autre et surtout ne jamais enfumer l’essaim.
    Si la branche est accessible, vous placez le sceau sous l’essaim et vous secouer la branche d’un coup sec pour que toute la grappe d’abeilles tombe dans le seau en une fois.
    Il suffit ensuite de vider le seau dans la ruche et de refermer le toit de la ruche.
    Vérifier bien que l’entrée de la ruche soit bien ouverte, car les abeilles qui sont restées sur la branche et celles qui sont tombées au sol doivent pouvoir rentrer dans la ruche. Ou, l’essaim doit pouvoir quitter la ruche si elle ne leur convient pas.
    Remarque importante : j’ai constaté que lorsque je vide les abeilles directement sur le sol devant la ruche, les abeilles rentrent d’elles-mêmes dans la ruche et ne la quitte plus, car c’est elles qui ont choisi de prendre possession de cette ruche.
    Vous laissez la ruche en place jusqu’à la nuit, pour permettre aux dernières abeilles de rejoindre la colonie, puis vous la replacer à l’endroit définitif.
    À quelle hauteur faut-il placer la ruche ?
    Si c’est une ruche de « biodiversité, » il faut la placer le plus haut possible entre deux et trois mètres.
    Si c’est une ruche pour en extraire du miel, une quarantaine de centimètres suffiront.
    Cette hauteur n’est bonne que pour faciliter le travail de l’apiculteur mais pas pour les abeilles, qui d’une manière général adorent les sites haut perchés.
    Quelle orientation ?
    En général, on oriente l’entrée de la ruche sud-est, mais les abeilles construisent naturellement leurs langues de cire plutôt en « EST » .
    Faut-il placer des produits naturels ou pas pour attirer les abeilles ?
    Pensez-vous que l’arbre qui a un trou « place lui-même » des produits odorants pour attirer l’essaim ?
    Les abeilles se débrouillent toutes seules depuis toujours pour trouver un gîte.
    Quelle est la période idéale pour installer une ruche ?
    Tout simplement pendant la période d’essaimage.
    Même si vous achetez une colonie, c’est le printemps qui est le meilleur moment.
    Quelle est la meilleure exposition en hiver ?
    Je voudrais reprendre l’information de Didier Skorupa au sujet de l’exposition au soleil en hiver.
    Cela parait une bonne idée dans notre conception de vie, se chauffer au soleil en hiver, mais pour l’abeille ce n’est pas la même chose.
    Les abeilles n’ont pas de problème avec le froid, elles ont traversé les périodes glaciaires sans l’intervention de l’homme, ce n’est pas le froid qui tue les abeilles mais l’humidité, c’est pour cette raison qu’il faut les placer en hauteur.
    Lorsque la ruche se trouve au soleil en hiver, le soleil chauffe momentanément la ruche ce qui provoque une sortie des abeilles à l’extérieur, si elles restent trop longtemps seules au froid, elles meurent.
    En période hivernale les abeilles restent en grappe entre les rayons de cire pour se réchauffer entre elles, moins elles bougent moins elles mangent donc moins de déjection à évacuer.
    J’ai connu un vieil apiculteur en montagne à 1300 m d’altitude qui déplaçait volontairement ses ruches derrière sa maison, au nord, pour tout l’hiver et il n’avait pas de perte de colonie.
    Emplacement dans le jardin, je risque de les déranger ?
    Il faut placer la ruche dans un endroit calme, pas devant un jardin car à chaque fois que vous allez manipuler des outils, les abeilles vont venir vous aider, car elles ne supportent pas les grandes gesticulations.

    En complément de votre message du 12 janvier:
    Attention avec la propolis, surtout pas par internet ni d’apiculteur non bio, car vous allez vous retrouver avec des molécules de traitements chimiques et de pesticides de culture.
    Si vous avez l’occasion de trouver de la cire en bio vous pouvez tremper les barrettes ou les têtes de cadres dans la cire liquide.
    Attention, si vous chauffez la cire, elle s’enflamme facilement au contact d’une flamme.
    Franchement ne mettez rien, mais si vous voulez juste pour le plaisir, frottez régulièrement le corps de ruche avec de la mélisse.
    Si vous vous trouvez non loin d’un rucher, les abeilles trouveront votre ruche, sinon cela peut-être plus long.
    Chose importante, il ne faut plus déplacer la ruche vide, car les abeilles visitent plusieurs fois la ruche avant de se l’approprier.
    Pour l’emplacement de la ruche, vous pouvez planter une petite haie pour la protéger du vent.
    Renseignez-vous à la mairie sur la réglementation de la distance des ruches par rapport au voisin et au domaine public. (En général 10 m à l’arrière des ruches)
    Jean-Pierre

  3. Mathieu
    23 mai 2017

    Leave a Reply

    Merci pour votre temoignage Jean-Pierre. Toujours intéressant ces retours d’expérience.

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