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COMMENT CAPTER UN ESSAIM SAUVAGE ?

By on 30 août 2017

Ou l’art d’offrir un gîte aux essaims d’abeilles…

 

L’essaimage des colonies se produit au printemps dans nos régions. L’essaimage « utile », c’est à dire qui concerne les essaims primaires et secondaires qui seuls ont de bonnes chances de bien se préparer à l’hiver suivant, donc d’y survivre, s’étale sur 6 à 8 semaines, soit de mi-mars à début mai pour le Midi jusqu’en juin-juillet pour les régions montagneuses. Si vous souhaitez recueillir un essaim issu d’une colonie sauvage, vous devez consacrer le plus gros de vos efforts et de votre temps à cette période critique.

Peu avant le début de la période d’essaimage, explorez en détail la zone dans un rayon de 100 m ou 200 m autour de la colonie sauvage que vous avez repérée pour découvrir un ou plusieurs sites où placer votre ou vos nichoirs. Au-delà, la captation est toujours possible jusqu’à 500 m ou 800 m, mais plus le piège est éloigné de la colonie visée, moins vous êtes sûr qu’un essaim qui s’y loge en provient.

Les apiculteurs utilisent des pièges à essaim qui sont en fait de petites ruches garnies de cadre. Si vous avez une bonne expérience en apiculture et dans le maniement des abeilles, vous pouvez vous inspirer de ces pièges pour construire le ou les vôtres. Cette technique a de nombreux avantages : matériel plus léger et facilement transportable, moins coûteux donc possibilité d’en construire plusieurs pour maximiser les chances d’attirer un essaim, plus facile à dissimuler, entraînant moins de perte financière en cas de vol. Mais le transfert de l’essaim du piège dans un nichoir étant plus compliqué que dans une ruche à cadres, vous avez intérêt à tenter d’attirer directement l’essaim dans un nichoir si vous êtes novice.

Nichoir piège à essaim occupé dans une clairière

Le meilleur des pièges à essaim est un nichoir ayant déjà été occupé. Les odeurs de propolis et de cire sont très attirantes pour les exploratrices. Vous pouvez conserver les rayons bâtis si vous êtes certain de la bonne santé des occupantes précédentes. Sinon, pour éliminer les éventuels germes de maladie, retirez les rayons et passez l’intérieur du nichoir à la flamme d’un chalumeau à gaz pour le désinfecter. Ce traitement fera fondre et bien adhérer au bois la propolis et les restes de cire, en libérant leurs odeurs. Dans un nichoir neuf, vous pouvez faire couler dans les angles un mélange de propolis et de cire fondu au bain marie ou frotter l’intérieur du piège avec des déchets de propolis.

Le piège doit être mis un peu avant le début de l’essaimage à plusieurs dizaines de mètres au minimum de la colonie visée. Placez-le à l’abri des vents dominants, si possible en situation ombragée mais ensoleillée le matin (haies, lisières, bois clairs…), trou d’envol orienté vers l’est ou le sud-est et dans un lieu tranquille. L’abri d’un buisson le dissimulant en partie est idéal si vous le posez sur le sol. Les pièges placés en hauteur, à la fourche d’un arbre par exemple en les sanglant solidement au tronc, sont aussi très appréciés des abeilles. Pour faciliter le suivi des pièges, placez-les entre 1 m et 3 m de hauteur. Vous pouvez les placer plus haut, notamment sur les bâtiments, à condition de pouvoir les mettre et surtout les retirer dans de bonnes conditions de sécurité. Pour faciliter le travail des exploratrices, vous pouvez les placer un peu avant la saison des essaims dans un buisson ou un arbre butinés pour son nectar et/ou son pollen. La proximité d’un point d’eau est aussi un plus pour les abeilles. Si vous placez plusieurs pièges, variez les configurations afin de multiplier les chances d’attirer un essaim.

Nichoir piège à essaim sur tas de bois derrière une haie

Si vous placez vos pièges dans des lieux publics, non protégés par une clôture, placez-les de telle sorte qu’ils soient en grande partie dissimulés par la végétation, non visibles depuis les endroits de passage, pour éviter les vols. Demandez l’autorisation du propriétaire du terrain sur lequel vous placez un piège si vous avez moyen de le connaître, en expliquant votre démarche. Cette demande reçoit le plus souvent un accueil favorable et facilite le suivi du piège.

Quel que soit l’endroit de pose, vous devez vous assurer que le piège est solidement fixé sur un support rigide, qui n’oscillera pas et qui supportera son poids et celui des abeilles.

Rentrée de pollen au trou de vol d’un nichoir

Visitez régulièrement vos pièges durant la saison des essaims, tous les deux ou trois jours de beau temps si possible. Ne confondez pas les éclaireuses, toujours en petit nombre, entrant et sortant du piège, volant en tourbillonnant avant de se reposer, avec un essaim installé : les abeilles entrent et sortent alors franchement. L’arrivée de butineuses avec des pelotes de pollen aux pattes est un signe incontestable d’occupation par un essaim qui a commencé l’élevage du couvain.

Le transfert du nichoir piège à son emplacement définitif doit se faire le plus tôt possible, de nuit ou par mauvais temps pour éviter de perdre les butineuses de sortie. Fermez l’entrée avec  un grillage fin ou un boudin de mousse afin de permettre aux abeilles de continuer à respirer. Transportez le plus délicatement possible le nichoir, en évitant les chocs violents. Sauf si vous déplacez le nichoir la nuit même de son occupation, il devra être placé à 3 km au moins de son emplacement primitif.

Retirez vos pièges vides une quinzaine de jours après la fin de la période normale d’essaimage pour la région. Avant d’y toucher, vérifiez qu’ils sont bien vides : un arbre creux artificiel attractif pour les abeilles l’est aussi pour les frelons et les guêpes sociales !

Vincent Albouy

Contact : avettes-sauvages@orange.fr

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